Pascal MIRANDE - BLACK STAR

Pascal Mirande est né le 12 juin 1968 à Sainte Adresse en Seine Maritime. Rochelais d'adoption, il travaille le dessin en autodidacte et apprend la peinture à l'huile à l'atelier Jean Louis Chollet. Diplômé des Beaux arts de Poitiers avec mention en 1993 et de Rennes en 1996, il apprend la photographie avec Alain Fleig à Poitiers et poursuit sa recherche à Rennes avec Tom Drahos, Hervé Rabot et Paul Chateau. II obtient une Bourse d'Aide Individuelle à la Création de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne en 1998 et 2004. En 2010 il travaille en résidence au Domaine d'Abbadia à Hendaye. 
Sa recherche se dirige vers l'installation "in situ" dans des lieux de mémoire humaine comme les ruines ou les monuments anciens en y construisant des structures éphémères. II vit et travaille actuellement à La Rochelle.
 



 
Technique
Techniques photographiques diverses Argentique-Numérique-Collodion
Texte
CV-Resume
pascal.mirande.free.fr/accueil.html
Autres séries
BLACK STAR
de 30x30cm à 100x100cm

Mots-clé associés
paysage, argentique, installation, mise.en.scène, onirique, poésie, fiction, graphisme, lumière, volume






 

« Black Star »
Au gré de mes déplacements, j’ai eu plusieurs fois le plaisir de rencontrer Pascal Mirande et de découvrir à chaque fois de nouvelles facettes de son travail personnel. Aussi loin que je puisse remonter je ne retrouve dans ma mémoire que des traces de multiples surprises, d’étonnement. Cela peut paraître banal et pourtant je peux, sans réserve, affirmer que ce n’est pas très courant. Lors de notre première rencontre, à Toulouse, j’avais découvert « un album de famille »  signé Pascal Mirande. Etait-ce du vrai faux ou du faux vrai ?



 (suite) de « Black Star »

Comme l’écrit Nicole Vitré  « A chaque photo il se réinvente une filiation, avec une image, un thème ou un auteur du passé dont il recrée une représentation. » On percevait déjà dans cette série sa volonté de faire, avec réflexion et exigence, une œuvre de « faussaire », à partir de mises en scène des divers archétypes de la vie. Peu importait finalement de savoir si nous nous trouvions devant des œuvres anciennes ou pas, le principal était dans le plaisir de découvrir et partager visuellement ces vies, ces aventures… J’avais à l’époque noté avec intérêt que ce ressenti ne pouvait qu’être le fruit d’une étude poussée pour le fond et une imagination créative pour la forme. Ce jeune artiste était à suivre… 
Autre rencontre à Quimper où Pascal Mirande avait travaillé in situ le temps d’une résidence. Une nouvelle série inédite était née à partir des spécificités de cette ville. Particularités historiques et locales enrichies avec la mise en scène souvent sommaire insérée par l’auteur. Pascal Mirande adore apporter à ses points  de vue une contribution supplémentaire avec des éléments simples qu’il peut avoir sous la main, par exemple une petite baguette de bois récemment coupée avec son Opinel  … Simple direz-vous, peut-être mais placée exactement où elle fait sens en soulignant, en enrichissant l’élément photographié. Cet apport végétal et structurel est, au fil du temps, devenu son fil d’Ariane et très logiquement sa particularité, sa signature. Pascal Mirande signe ainsi aujourd’hui la presque totalité de son œuvre de la série « Icares » aux « Constellations » en passant par, entre autres, les séries « Sentinelles »  et « Gulliver’s » précédemment exposées à la galerie Vrais Rêves.
D’une façon générale, comme l’écrit Isabelle Tessier , « les réalisations photographiques de Pascal Mirande se construisent à travers la mise en place d’un jeu de représentation du réel appelant nécessairement à la vigilance. Il fabrique des objets, « … » des structures souvent éphémères « qu’il détourne pour mettre en scène des histoires qu’il aime inventer et raconter. » Très souvent son travail s’articule aussi autour de légendes, de mythologies (Minotaure), de grands récits (Gulliver) ou encore à travers la cosmogonie définie comme un système de la formation de l'Univers (constellations). Dans cette dernière Pascal Mirande met en scène deux éléments, le paysage du littoral de Charente-maritime et ses installations lumineuses dans un ensemble indissociable évoquant la voûte céleste qui, depuis L'Odyssée d'Homère jusqu'au satellite Hubble, est un mélange de science, de poésie et une source d'inspiration dans la création artistique. C'est d’ailleurs souvent sur la base d'astérismes (figure dessinée par des étoiles particulièrement brillantes) que les civilisations ont imaginé leurs constellations.
Toujours en relation avec le paysage Pascal Mirande s’est intéressé, en 2013 lors d’un voyage en  Islande, aux anaglyphes, permettant à l’aide de lunette 3D une vision en relief de la photographie. Les anaglyphes mettent en évidence le jeu graphique entre le regard, la perception et la transformation du sujet par la superposition de deux images réalisées simultanément. Sans les lunettes et donc sans le dédoublement des deux images, la photographie nous apparaît parasitée, interférée par la superposition décalée créant un jeu graphique et coloré, irisé par le décalage rouge et bleu. Cette perception offre un résultat proche du divisionnisme en peinture mis en évidence par Michel-Eugène Chevreul au XIXème et appliqué entre autres par peintre Georges Seurat.
Peut-être faut-il terminer ce petit essai en revenant sur le titre même de cette exposition, « Black Star », qui est en fait un clin d’œil contemporain de Mirande au carré blanc sur fond blanc de Malevitch. En effet les images anaglyptique Black Star s’articulent sur le sombre et le clair, la limite de la couleur et de la perception du sujet : une étoile noire sur fond noir dans la pénombre, une étoile blanche sur un fond blanc éclairé…
R.Viallon 12/2016
 

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