Marielsa NIELS - DANS L'ANTRE DU SOI

Nous suivions le parcours de Marielsa NIELS depuis de nombreuses années, alors qu’elle nous avait proposé l’un de ses premiers travaux personnels. Nous savions déjà qu’un jour nous allions travailler ensemble car même si, à cette époque, elle n’avait pas encore la maturité nécessaire son travail méritait déja d’être partagé avec un public.
Il y a trois ans elle avait été invité à présenter ses mises en scène en fin d’année dans le cadre de “La galerie fait sa foire”. L’an dernier dans l’exposition collective “Découvertes” elle proposait son travail “A fleur de corps”.
Dès la rentrée, en septembre 2019, Marielsa va assurer dans le cadre de “Résonance à la Biennale d’Art Contemporain sa première exposition personnelle à la galerie. Nous nous en réjouissons déjà et nous vous invitons à venir pour partager ce moment...

 



 
Technique
Photographies couleurs - Impression numérique pigmentaire
Texte
https://www.marielsaniels-photo.com/
DANS L'ANTRE DU SOI
40x60cm ou 80x120cm en caisse américaine

Mots-clé associés
couleur, abstrait, corps, disparition, identité, matière, mise.en.scène, représentation, texture, tissu






 

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DANS L'ANTRE DU SOI
Féminin-Masculin : Altération du principe de binarité


Il est des mécanismes à tel point enracinés, si profondément ancrés dans l’antre du soi, que les scruter semble s’apparenter à une forme d’excavation.
Les processus intimes qui participent à la construction de l’individu continuent de transparaître comme les fondements du travail de Marielsa Niels. Toutefois, en s’attachant à corroder le fatalisme du concept de norme, et plus spécifiquement celui de binarité, cette série semble augurer des pans aux explorations plus acérées encore.
La forme narrative de ce travail participe à la sagacité des réflexions suscitées. Il ne s’agit pas ici d’illustrer l’appréhension d’une notion abstraite, mais bien de faire émerger les heurts qu’elle est à même d’engendrer dans les tréfonds de l’être.

En effet, parce que foncièrement intégrée, la norme n’est pas systématiquement questionnée. Pour autant, elle sait se faire plus que sclérosante pour celui qui, au cours de son existence, ne la ressent pas, ou plus, en parfaite adéquation avec son essence.

Dans l’antre du soi s’amorce au paroxysme de cette aliénation. Il n’est donc rien d’anodin à ce que ce soit comme écrasé par une chape au poids incommensurable que se laisse d’abord discerner son personnage. Au gré de la narration, la photographe exhume les querelles intestines, dévoile les cheminements, décèle les inerties. Pourtant, à travers l’ambivalence de la symbolique des teintes et des positionnements du corps, notre regard s’attelle à démasquer, sans même que nous nous en rendions compte, la nature de cette figure. Et le jeu des normes se fait jeu de dupes.

Dès lors, plus qu’une invitation, la photographe nous engage. Et c’est presque à notre insu que nous prenons le risque, au gré de certaines images, de nous révéler juge et partie. Car par le fait, Marielsa Niels nous renvoie à notre propre appréhension des normes, intime, voire presque intrinsèque à force d’acceptation. Elle nous remémore que ces dernières sont ainsi, insidieusement enveloppantes.

Anne-Eléonore GAGNON - 03/2019

© Galerie Vrais Rêves 2019