Danilo SARTONI - "Nus masculins"

Italien né en 1954, Céramiste d’Art, sculpteur, photographe.
Il réalise sa première exposition en 1983 sur le thème des Abeilles. Dès 1985 il intègre la Galerie Vrais Rêves à Lyon. Utilisateur passionné du Polaroïd il entreprend une recherche approfondie sur ce support qu'il finit par maîtriser de façon exceptionnelle. Ses transferts Polaroïd, avec ré-insertion de gélatine, y compris sur les grands formats (50x60cm)  sont remarquables.

Danilo Sartoni vit et travaille à Ravenne (Italie)



 
Technique
Polaroïds 50x60 cm transférés sur support fine-art
Texte
CV-Resume
Autres séries
Diptyque horizontal N°1
50x60cm ou diptyque de 100x60cm ou 120x50 cm

Mots-clé associés
couleur, pola.transfert, humain, mise.en.scène, nu, sculpture






 

Danilo Sartoni nous offre une vision sensible du corps de l'homme pris dans sa nudité : celle d'avant le péché originel, à cette époque où être nu était un état naturel, quand la peur du corps n'existait pas, ce moment de délivrance que chacun retrouve lorsque l'on se défait de ses vêtements, lorsque l'on quitte son masque social et culturel.

Extrait d'un texte de Stéphanie Michut - 1999



Au premier regard la série des "Nus" de Danilo Sartoni fait directement référence à la statuaire de la Renaissance telle qu'on peut la voir dans les représentations des sujets masculins, mythologiques et religieux. Des images "académiques" : le sens du corps, de ses volumes et proportions, pris dans des poses classiques (contraposto, position frontale, etc.), le vêtement contemporain, la toile Denim en l'occurrence, venant ici remplacer les drapés. Danilo Sartoni nous offre une vision sensible du corps de l'homme pris dans sa nudité : celle d'avant le péché originel, à cette époque où être nu était un état naturel, quand la peur du corps n'existait pas, ce moment de délivrance que chacun retrouve lorsque l'on se défait de ses vêtements, lorsque l'on quitte son masque social et culturel. Nous ne sommes pas en présence d'une idéalisation du corps mais de l'incarnation de l'homme. Carnation, chair, dont l'illusion est donnée par la technique photographique employée par Danilo Sartoni; technique qui n'est d'ailleurs pas sans évoquer la matière et les couleurs dont sont composées les fresques d'un Michel-Ange.

Pourtant non "dénudées" d'un certain voyeurisme ces photographies piègent le spectateur à son propre jeu, parce qu'en le renvoyant à sa propre nudité, il le surprend bien plus que ne le serait l'homme photographié. Danilo Sartoni porte un regard rare, emprunt de délicatesse, sur l'homme pris dans son intimité. Il est tel qu'en lui-même : le corps abandonné, dans des gestes naturels, sensuels justement parce qu'il n'a plus à jouer à "l'homme". C'est un homme défait de l'image habituellement véhiculée que Danilo Sartoni nous donne à voir : être nu c'est aussi être sans ornements, sans déguisements, c'est être à découvert. En le dévoilant dans son intimité l'homme nous apparaît dans sa réalité et sa personnalité profonde, dégageant un grand sentiment de force et de quiétude, une puissance sans agressivité, parce qu'aucune violence n'est sous-tendue. Bien plus qu'un simple travail sur le corps Danilo Sartoni a su restituer une image authentique et touchante de l'homme, de la "masculinité" dans toute sa noblesse, et ces photographies parlent du vivant, elles vibrent d'humanité.

La vision purement photographique s'efface pour laisser place à une fenêtre ouverte sur la réalité, une autre réalité, celle de l'intimité de son propre corps.

Stéphanie Michut, 1999

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