Luca GILLI - En toute complicité... avec Vasco Ascolini

Luca GILLI vit et travaille à Cavriago (Reggio Emilia). Docteur ès Sciences Naturelles à L’Université de Parme, depuis plusieurs années, il travaille en tant que photographe. Sa
recherche photographique est centrée sur la nature. Il a exposé lors d’expositions collectives et personnelles en Italie et à l’etranger, tandis que sont publié ses reportages sur plusieurs revues. Ses projets photographiques ont reçu soutien et stimulations de son ami Vasco Ascolini.
En novembre 2004, il a été invité à présenter sa recherche à la projection des travaux de “L’Ecole Photographique de Reggio Emilia”, organisée par Gens d’Images à la Maison Européenne de la Photographie de Paris.
En novembre 2005, l’association ECUME (Echanges Culturel en Méditerranée) de Marseille l’a invité à participer à l’atelier de création Photographique sur la ville du Festival Méditerranéen d’Alexandrie: photo, musiques, cinéma. Les travaux de l’atelier ont été exposés au musée Mahmoud Saïd en Alexandrie (Égypte).



 
Technique
Photographie et impression numérique
Texte
CV-Resume
www.lucagilli.it
Série Panthalassa
image en 35x45 cm sous passe
ou 60x77 cm contrecollée

Mots-clé associés
poésie, bestiaire, eau, fantastique, mouvement, noir.et.blanc






 

Première exposition à la galerie de ce jeune auteur et complice artistique de Vasco Ascolini. L'idée d'une mise en perspective de leur derniers travaux est à l'origine de cette exposition où les oeuvres, de mur à mur dialoguent entre elles. La fluidité des images de Luca Gilli jouant la complémentarité avec la rigueur de celles  de son ami Vasco. Le résultat et un bestiaire à quatre mains...




Panthalassa, de Luca Gilli.

En choisissant d’appeler sa série de photographies Panthalassa, Luca Gilli fait allusion à cet océan primordial et unique qui ceinturait tous les continents réunis de la Terre, voici plusieurs centaines de millions d’années. Cette référence à une période antédiluvienne nous enjoint de ne pas chercher à reconnaître parmi ces portraits de poissons des espèces connues, mais bien plutôt de nous laisser aller à la contemplation de l’étrange.


Ces images sous-marines, qui auraient pu être prises depuis les hublots du Capitaine Némo, détachent des masses pisciformes sur le fond marin dans lequel elles évoluent tantôt par contours et circonvolutions, tantôt en filant droit devant soi. La prise de vue un peu lente retient le bougé du mouvement tout en conservant le graphisme distinctif de chaque individu, ce qui confère aux photographies l’aspect de lavis.
A travers l’anamorphose de l’objectif et de l’aquarium, des formes impressionnantes se révèlent : certains corps flottants sont plats comme des soucoupes volantes, d’autres obèses comme des zeppelins ; des plans larges encadrent la fuite des uns qui semblent se diluer dans l’eau qui les supporte et l’on dirait des fleurs, des flux ou des nuages ; des gros plans se resserrent sur la gueule des autres et l’on dirait alors des blocs, des rocs, des masques ou des casques dotés de mandibules et de maxillaires prêts à happer le curieux qui les observe.
L’art du point de vue permet à Luca Gilli de figurer des mimiques expressives : des moues grincheuses, colériques, abruties, dubitatives, menaçantes se collent contre le plan photographique comme contre une paroi de verre, convertissant cette galerie de portraits marins en un tableau inhumain des passions de l’âme.
Avec ce tour de magie visuelle qui raccorde le non humain à l’humain, les photographies de la série Panthalassa composent vraiment un bestiaire fantastique dont la belle étrangeté trouve une résonance littéraire dans l’horreur provenue des fonds marins qui inspira H. P. Lovecraft jusqu’à sa mort.

Robert PUJADE

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